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Archives de Tag: antinéoplasiques

Les professionnels travaillant dans le domaine de l’oncologie sont exposés aux médicaments antinéoplasiques. Cette exposition peut mener à certains effets indésirables. Dans l’objectif de réduire cette exposition, la contamination des surfaces de travail devrait être maintenue à son plus bas.

Dans le cadre des travaux de l’URPP, nous avons mesuré la contamination environnementale avec le cyclophosphamide, l’ifosfamide et le méthotrexate dans les pharmacies d’oncologie ainsi que dans les unités de soins d’oncologie de plusieurs hôpitaux Canadiens.

Au total, 66 hôpitaux Canadiens ont participés à l’étude.

  • 43.4% des échantillons étaient contaminés par le cyclophosphamide
  • 13.2% étaient contaminés par l’ifosfamide
  • 6.9% étaient contaminés par le méthotrexate

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Cette étude a montré un faible niveau de contamination parmi les 66 hôpitaux Canadiens. Une surveillance régulière de l’environnement est à privilégier afin de maintenir un faible niveau de contamination.

On peut consulter notre affiche présentée dans le cadre du 22e congrès de l’European Association of Hospital Pharmacists du 22 mars au 24 mars 2017 à Cannes, France.

On peut consulter notre article publié dans le Journal of Occupational and Environmental Hygiene.

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Depuis 2010, notre équipe a réalisé six études multicentriques sur la contamination environnementale par des antinéoplasiques, dont le cyclophosphamide, l’ifosfamide et le methotrexate.

Dans le cadre des travaux de l’URPP, nous avons réalisé une étude descriptive rétrospective et longitudinale au sein de notre centre afin d’évaluer la contamination des surfaces.

Un total de 72 échantillons a été prélevé entre 2010 et 2016. Chacun a été analysé pour 3 médicaments différents. 50% des échantillons étaient positifs au cyclophosphamide, 32% à l’ifosfamide et 19% au methotrexate. expoprof31

On peut consulter notre affiche présentée dans le cadre du congrès European Association of Hospital Pharmacists, du 22 au 24 mars 2017 à Cannes, France.

On peut consulter notre article publié dans le Pharmaceutical Technology in Hospital Pharmacy disponible en ligne.

Selon la liste du National Institute for Occupational Safety and Health, les antinéoplasique représentent la majorité des médicaments dangereux. De plus, les professionnels de la santé sont de plus en plus exposés aux antinéoplasiques dans le cadre de leur travail.

Dans le cadre des travaux de l’URPP, nous avons fait une revue de la littérature scientifique concernant la surveillance urinaire de professionnels de la santé exposés aux antinéoplasique dans leur travail.

24 articles ont été retenus. Les médicaments dangereux étudiés sont principalement le cyclophosphamide, les platines et l’alpha-fluoro-béta-alanine, métabolite urinaire du 5-fluorouracile. La proportion de travailleurs qui ont été déclarés positifs aux médicaments dangereux s’étendait de 0% (n = 10 études) à 100% (n = 4 études). Si on retient que les études permettant de calculer le taux de travailleurs ayant au moins un prélèvement positif (n = 23), la proportion est de 21%. EXPOPROF27

On peut consulter notre affiche présentée dans le cadre du congrès annuel de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES) le 14 avril 2016 à Trois-Rivières, QC, Canada.

On peut consulter notre article publié dans le  Journal canadien de la pharmacie hospitalière disponible en ligne.

English will follow

 

 

 

L’équipe de l’URPP a participé à la réalisation d’une revue Cochrane sur l’utilisation des circuits fermés. Les revues Cochrane rassemblent des données de qualité en réponse à des questions spécifiques.

Notre mission consistant à fournir une information accessible et fiable pour appuyer la prise de décisions éclairées n’a jamais été plus importante ou utile pour améliorer la santé au niveau global.[http://www.cochrane.org/fr/about-us]

Le protocole a été publié le 13 novembre 2017 et la revue a été publiée le 27 mars 2018. Tant le protocole que la revue ont été révisés par les pairs.

L’objectif de cette méta-analyse était de savoir si l’utilisation des circuits fermés en plus des manipulations sécuritaires permet de réduire l’exposition des travailleurs aux médicaments dangereux intraveineux, par rapport à l’utilisation de manipulation sécuritaires seulement.

Rappelons qu’il est connu depuis de nombreuses années que des traces d’antinéoplasiques (une catégorie de médicament dangereux) sont retrouvées sur les surfaces de travail où sont manipulés ces médicaments. L’équipe de l’URPP mène des études multicentriques au Canada depuis 2008. Nous ne savons pas à quelle concentration une trace de médicament dangereux peut être nocive pour la santé des travailleurs. Nous savons toutefois que cette exposition peut mener à risques pour la santé du travailleur (risques reproductifs, génotoxique, cancerogène, etc.). L’objectif est donc de réduire au minimum l’exposition des travailleurs. Les pratiques sécuritaires incluent notamment le nettoyage des fioles de médicament à leur arrivée, un entreposage sécuritaire, une préparation à l’intérieur de hottes, une manipulation respectant les normes, une administration réalisée par du personnel informé et compétent, une gestion adéquate des déversements accidentels et l’élimination sécuritaire des déchets. Les équipements de protection personnels demeurent essentiels.

Les circuits fermés sont des dispositifs offerts par plusieurs compagnies qui peuvent être utilisés pour la préparation et pour l’administration des médicaments dangereux pour éviter que le médicament ne soit en contact avec l’extérieur. Un doute persiste quant à leur utilité pour réduire l’exposition des travailleurs. De plus, ces dispositifs à usage unique sont très dispendieux.

Pour la revue, 23 études ont été incluses. Toutes les études incluses avaient des risques de biais sérieux  et présentaient des données de qualité faible. Aucune étude ne présentait des résultats sur la santé. Selon la méta-analyse, il n’y avait pas de différence significative dans la proportion des travailleurs avec des médicaments mesurés dans leur urine si un circuit fermé était utilisé. De même, aucune différence significative n’a été trouvée pour la majorité des médicaments testés. La concentration de cyclophosphamide mesurée sur les surfaces des pharmacies utilisant un circuit fermé était significativement plus faible de 50 pg/cm². Compte tenu des faibles concentrations mesurées sur les surfaces au départ, il est incertain qu’une telle réduction ait un effet sur la santé des travailleurs. De plus, d’autres sources d’exposition demeurent importantes pour les travailleurs.

Dans l’état actuel des connaissances, l’utilisation de circuits fermés ne peut être ni recommandée ni réfutée. La réalisation d’études de bonne qualité est encouragée pour limier les biais et obtenir des données de qualité.

L’équipe de l’URPP poursuit ses travaux afin de contribuer à la sécurité des travailleurs, notamment par l’étude canadienne de surveillance environnementale, l’évaluation pilote de la surveillance biologique, la participation à la révision du guide de l’ASSTSAS, l’évaluation des coûts des circuits fermés, l’évaluation des méthodes de nettoyage et autres projets.


The URPP team participated in the creation of a Cochrane review on the use of closed-system drugs transfer devices. Cochrane reviews contain quality data that answer specific questions.

Our mission to provide accessible, credible information to support informed decision-making has never been more important or useful for improving global health. [http://www.cochrane.org/about-us]

The protocol was published on November 13, 2017 and the review was published on March 27, 2018. Both protocol and review were peer-reviewed.

The objective of this meta-analysis was to find out if the use of closed-system drug transfer devices in addition to safe handling can reduce exposure to infusional hazardous drugs, compared to safe handling alone.

It has been known for many years that traces of antineoplastic drugs (a category of hazardous drugs) can be found on surfaces where they are handled. The URPP team has lead a multicenter study in Canada since 2008. We don’t know at what concentration a hazardous drug trace can be harmful for the healthcare workers. However, we do know that exposure is a risk for their health (reproductive risks, genotoxicity, cancer, etc.). The objective is to reduce workers exposure as much as possible. Safe practices include cleaning vials upon receipt, safe storage, compounding inside a hood, handling according to the guidelines, safe adminitration by trained workers, adequate management of spills and safe elimination of waste. Personnal protective equipment remain essential.

Closed-system are devices available from many manufacturers that can be used to prepare and administer hazardous drugs and avoid any contact of the drug with the exterior. These single-use devices are very expensive.

For the review, 23 studies were included. All studies were at serious risk of bias and presented low quality data. No study presented health benefits. According to the meta-analysis, there was no significant difference in the proportion of workers with drugs measured in their urine if a closed-system was used. No significant difference was found for most of the drugs tested. The concentration of cyclophosphamide measured on surfaces from pharmacies that used a closed-system was 50 pg/cm² lower. Considering the low concentrations measured on surfaces, the effect of this reduction on the health of workers is not known. Furthermore, other sources of exposure remain.

With the current knowledge, there is no evidence to support or refute the use of closed-system drug-transfer devices. Well designed studies are encouraged to limit bias and obtain quality data.

The URPP team continues its work to contribute to workers safety, including our canadian environmental surveillance study, our pilot evaluation of biological monitoring, our participation to the review of the ASSTSAS safe handling guide, the evaluation of the costs of closed-systems, the evaluation of cleaning methods and other projects.


Nous avons réalisé plusieurs études démontrant que les surfaces de travail dans les hôpitaux sont souvent contaminées par des traces de médicaments antinéoplasiques. Selon le principe ALARA, il est important de réduire la contamination au niveau le plus bas possible (« as low as reasonably achievable »). C’est dans cette optique que nous avons testé deux méthodes pour réduire la contamination.

Purge des tubulures à la pharmacie

Purge des tubulures à la pharmacie

D’abord, nous avons testé la centralisation de la purge des tubulures d’antinéoplasiques, afin que celle-ci soit effectuée à la pharmacie et non pas sur les étages. Suivant cette centralisation, la contamination mesurées sur les surfaces de la pharmacie n’a pas augmenté, et la contamination mesurée sur les surfaces des unités de soins a diminué.

Ensuite, nous avons testé l’utilisation d’un système en circuit fermé pour les préparations à la pharmacie. Tel que rapporté dans la littérature, cette solution a permis une diminution de la contamination. Toutefois, les assistants techniques en pharmacie ont soulevé quelques problèmes à sa manipulation, tel que des fuites, une augmentation de la charge de travail et une manipulation difficile. Nous croyons qu’une évaluation des considérations économiques et ergonomiques devrait être réalisée pour confirmer un avantage coût/efficacité dans le système de la santé. Nous n’avons pas implanté cette solution dans notre centre.

 

Test de deux méthodes pour réduire la contamination environnementale aux antinéoplasiques

Test de deux méthodes pour réduire la contamination environnementale aux antinéoplasiques

Depuis cette étude réalisée en 2009-2010, nous avons réalisé quatre études multicentriques pour mesurer la contamination sur les surfaces des hôpitaux québécois; nous sommes heureux de constater une amélioration d’année en année. Nous partagerons de nouveaux résultats à ce sujet au cours des prochaines semaines, à suivre!

Vous pouvez consulter notre article publié dans le Journal of Oncology Pharmacy Practice, accessible sur Pubmed. Vous pouvez également consulter l’affiche présentée au congrès Professional Practice Conference (PPC) de la Société canadienne des pharmaciens d’hôpitaux (SCPH / CSHP) les 2-6 février 2013, Toronto, Canada. Notre résumé est publié dans le Journal canadien de la pharmacie hospitalière, accessible sur PubMedCentral.

Le 20 mars 2014, Delphine Merger a soutenu avec succès sa thèse pour le diplome d’état de Docteur en pharmacie, de la Faculté de pharmacie de l’Université de Lorraine.

Delphine Merger, lors de la défense de sa thèse d'état de docteur en pharmacie, le 20 mars 2014

Delphine Merger, lors de la défense de sa thèse d’état de docteur en pharmacie, le 20 mars 2014

Sa thèse « Évaluer et interpréter la contamination environnementale par les médicaments anticancéreux en milieu hospitalier : une expérience dans les hôpitaux québécois » a été réalisée lors de son stage à l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique.

L’URPP était présente pour assister à la thèse, en visioconférence.

Membres du Jury

Président :

M Jean-Louis MERLIN Professeur des universités, Pharmacien – Nancy

Juges :

M Jean-François BUSSIERES Professeur titulaire de clinique, Pharmacien – Montréal

M Jean VIGNERON Praticien hospitalier, Pharmacien – Nancy

Mme Béatrice DEMORE Maitre de conférences des universités, Pharmacien – Nancy

M Mathieu BOULIN Maitre de conférences des universités, Pharmacien – Dijon

 

Félicitations à Delphine pour l’excellence et le dynamisme du projet! Plusieurs publications ont découlé de ce stage, notamment :

Merger D., Tanguay C., Langlois E., Lefebvre M., Bussières JF. Multicenter study of environmental contamination with antineoplastic drugs in 33 Canadian hospitals. Int Arch Occup Environ Health 2014 Apr;87(3):307-13.

Merger D., Tanguay C., Langlois É., Lefebvre M., Bussières JF. Environmental contamination with methotrexate in Canadian community pharmacies. JAPhA 2013;53(4):423-26.

Guillemette A, Langlois H, Voisine M, Merger D, Therrien R, Mercier G, Lebel D, Bussières JF. Impact and appreciation of two methods aiming at reducing hazardous drug environmental contamination: The centralization of the priming of IV tubing in the pharmacy and use of a closed-system transfer device. J Oncol Pharm Pract. 2014 Jan 6. [Epub ahead of print]

Merger D., Tanguay C., Bussières. Retombées des mises à jour de la liste des médicaments dangereux du National Institute for occupational safety and health (NIOSH). Bulletin d’information toxicologique 2012;28(3):32-54.

Merger D., Tanguay C., Bussières JF. Circuit des médicaments dangereux en établissements de santé. Québec Pharmacie 2013;fév-mars:13-18. Cet article est publié avec l’autorisation de l’éditeur de Québec Pharmacie.

Le 3 octobre dernier, nous vous avions partagé la présentation donnée à la conférence du Groupe d’évaluation et de recherche sur la protection en atmosphère contrôle (GERPAC). L’objectif de ce projet était de présenter une revue de la littérature sur la surveillance urinaire de médicaments dangereux, ainsi que les enjeux et perspectives d’un programme de surveillance biologique québécois. L’article et une affiche de ce projet sont maintenant disponibles.

Le résumé se trouve ci-dessous :

Après quelques années de surveillance environnementale au Québec et de nombreuses publications sur le sujet, l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique (URPP) pense qu’il est opportun d’offrir à moyen terme un programme de surveillance biologique comprenant la recherche de présence de médicaments dangereux dans l’urine des travailleurs québécois de la santé, exposés ou non à ces médicaments dangereux. Dans la perspective de la mise en place de ce programme, une revue documentaire s’est imposée. L’objectif de cet article est de présenter une revue de la littérature sur la surveillance urinaire de médicaments dangereux, ainsi que les enjeux et perspectives d’un programme de surveillance biologique québécois.

Revue de la littérature sur la surveillance urinaire de médicaments dangereux

Revue de la littérature sur la surveillance urinaire de médicaments dangereux

Sur les 109 articles recensés, 60 ont été retenus pour analyse. De ceux-ci, 17 articles ont été exclus. En somme, 43 articles ont été inclus dans la revue de la littérature. Les auteurs rapportent la présence de cyclophosphamide, d’ifosfamide, d’anthracyclines, de méthotrexate, de 5-fluorouracil, de paclitaxel, de gemcitabine ou de platines dans l’urine des travailleurs exposés. Entre autres, la proportion de travailleurs ayant des échantillons urinaires positifs au cyclophosphamide tend à diminuer au fil du temps ou suivant des interventions visant la réduction de la contamination. Néanmoins, des précautions demeurent de mise pour les travailleurs. En collaboration avec l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique et l’Institut national de santé publique du Québec, cette revue de la littérature ouvre la voie à un projet pilote de surveillance biologique de traces de médicaments dangereux dans les échantillons urinaires de travailleurs du réseau de la santé au Québec.

Vous pouvez consulter notre article publié dans le Bulletin d’information toxicologique de l’Institut national de santé publique du Québec et du Centre antipoison du Québec.

Vous pouvez également consulter notre affiche présentée au Colloque annuel de l’association des étudiantes et des étudiants en santé publique de l’Université de Montréal (AEESPUM), le 13 février 2013 à Montréal, Canada.