Archives de Tag: CHU Sainte-Justine

Impact économique des réactions indésirables médicamenteuses : étude rétrospective au CHU Sainte-Justine

L’objectif principal de cette étude était d’estimer les coûts liés à la prise en charge de différentes RIM (Réactions Indésirables Médicamenteuses ) observées chez les patients, en particulier dans un contexte pédiatrique et obstétrique.

Trente cas ont été sélectionnés aléatoirement parmi les déclarations faites à Santé Canada entre avril 2020 et mars 2021. Les coûts associés à ces réactions ont été évalués selon deux approches distinctes : d’une part, la prolongation de la durée d’hospitalisation attribuable à la réaction, et d’autre part, l’analyse des coûts par parcours de soins à l’aide du logiciel Power Performance Manager (PPM).

Les résultats montrent que la majorité des patients concernés étaient des filles (63,3 %), d’un âge moyen de 11 ans. La durée des réactions variait d’un à quatorze jours selon la gravité. Les coûts moyens différaient selon le type de réaction, variant de 1 839 à 10 681 dollars canadiens. Plus précisément, les réactions d’anaphylaxie étaient les moins coûteuses, tandis que les thromboses entraînaient les dépenses les plus élevées.

Les deux approches d’évaluation ont donné des résultats comparables, suggérant qu’il est possible d’estimer efficacement les coûts d’une RIM à partir de la durée supplémentaire d’hospitalisation. Toutefois, les auteurs soulignent certaines limites, notamment la petite taille de l’échantillon, l’exclusion des coûts de laboratoire et la difficulté d’attribuer précisément certaines dépenses à la réaction indésirable.

Vous pouvez consulter notre article  publié dans le Pharmactuel

Commentaires fermés sur Impact économique des réactions indésirables médicamenteuses : étude rétrospective au CHU Sainte-Justine

Classé dans Descriptive, Devis, Pharmacoéconomie, URPP

Analyse des activités de pharmacovigilance au CHU Sainte-Justine

Le programme de pharmacovigilance du CHU Sainte-Justine, mis en place en 2006 par le département de pharmacie, assure la surveillance des réactions indésirables médicamenteuses (RIM) au sein de l’hôpital. Ce programme repose à la fois sur une surveillance passive, via les déclarations à Santé Canada, et une surveillance active, notamment à travers des projets de recherche en pharmacogénomique. Son importance s’est accrue depuis 2018, notamment avec l’entrée en vigueur de la Loi de Vanessa et la création d’une communauté de pratique en pharmacovigilance regroupant les 30 départements de pharmacie hospitaliers du Québec.

L’étude présentée visait à décrire les activités du programme de pharmacovigilance entre avril 2020 et mars 2022. L’équipe est composée d’un pharmacien responsable et de deux spécialistes en activités cliniques. L’une se consacre à la Loi de Vanessa ainsi qu’à la gestion des alertes, rappels et avis (ARA), tandis que l’autre se concentre sur le recrutement des patients et la collecte de données pour les projets de pharmacogénomique.

Durant la période étudiée, 548 déclarations ont été transmises à Santé Canada, dont 90 % concernaient des RIM graves. Le CHU Sainte-Justine représente à lui seul environ 18 % des déclarations de RIM graves émises par les hôpitaux québécois. La détection repose à la fois sur les notifications volontaires des professionnels de santé (29 %) et sur une collaboration innovante avec les archivistes médicaux (71 %), permettant la déclaration a posteriori des RIM graves à partir des codifications — une première au Québec.

En parallèle, le programme a géré 635 alertes, rappels et avis, dont 71 jugés pertinents ont été transmis aux équipes concernées. La communauté de pratique a tenu 18 téléconférences pour partager les expériences et renforcer la sécurité des pratiques.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au congrès RQRM le 26 mai 2022 .

Commentaires fermés sur Analyse des activités de pharmacovigilance au CHU Sainte-Justine

Classé dans Descriptive, Devis, Revue de littérature, URPP

Observation de la conformité aux normes de préparation et administration

Cette étude porte sur l’évaluation du respect des normes de pratique entourant la préparation et l’administration des médicaments au CHU Sainte Justine.

Les chercheurs ont mené une étude observationnelle, descriptive et transversale entre octobre et novembre 2023. Deux grilles d’audit standardisées — l’une pour l’administration entérale et l’autre pour l’administration parentérale — ont été conçues selon les protocoles internes. Au total, 44 observateurs formés, dont des infirmières et un assistant de recherche, ont participé à la collecte des données. Chaque critère observé pouvait être jugé conforme, non conforme ou non applicable.

Sur les 394 observations réalisées, la durée moyenne d’une observation était d’environ dix minutes. Les trois quarts ont été effectuées durant les quarts de jour. Les résultats montrent un taux de conformité élevé pour la majorité des critères, notamment l’étiquetage (94 %), l’administration (93 %), la vérification générale et la préparation (87 %) ainsi que la double vérification indépendante (86 %). L’utilisation des bibliothèques de perfusion et des infusions de base affichait un taux de conformité légèrement inférieur (77 %).

Certains aspects présentaient toutefois des faiblesses notables, comme le nettoyage de la surface de travail (39 %), l’utilisation du connecteur inter-seringues (41 %), le nettoyage du coupe-comprimé ou du mortier avant (62 %) et après usage (55 %), ou encore l’étiquetage des tubulures (63 %). Par ailleurs, plus du tiers des infirmières (37 %) ont été interrompues au moins une fois pendant la préparation des médicaments, un facteur de risque bien connu d’erreurs médicamenteuses.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au congrès CSHP le 19 avril 2024.

Commentaires fermés sur Observation de la conformité aux normes de préparation et administration

Classé dans Descriptive, Devis, Santé et sécurité au travail, URPP

Évaluation de l’utilité d’outils pédagogiques en soutien à un programme de surveillance environnementale des médicaments dangereux

La manipulation de médicaments dangereux expose les travailleurs de la santé à des risques d’exposition professionnels. Pour minimiser ces risques, les hôpitaux participent à des programmes de surveillance environnementale permettant de documenter l’exposition et d’informer les travailleurs sur les bonnes pratiques de sécurité. Dans ce cadre, des outils pédagogiques ont été développés pour soutenir leur participation.

Pour évaluer l’efficacité de ces outils, une étude a été menée entre août 2024 et janvier 2025 auprès de travailleurs de la santé de différents établissements. Trois vidéos ont été créées pour expliquer le déroulement du programme, la réalisation des prélèvements et l’interprétation des résultats. Un site internet a été mis à jour et un webinaire a été proposé pour approfondir les connaissances des participants.

Les résultats ont montré que les vidéos ont été largement appréciées par les participants, avec 100 % des répondants affirmant qu’elles répondaient aux objectifs du programme. La durée des vidéos a été jugée adéquate par 96 % des participants, et celles-ci ont été perçues comme un réel soutien pour leur participation au programme. En revanche, le site internet a été peu consulté, seulement 30 % des répondants l’ayant visité récemment. Le webinaire a aussi reçu des avis positifs, avec 82 % des participants jugeant sa durée appropriée et 86 % estimant qu’il les avait aidés dans leur participation au programme.

Ils conclurent que ces outils sont efficaces pour soutenir les etablissemets qui participent et qu’il serait utile de rendre le site internet plus accessible et d’optimiser les outils existants pour améliorer la participation des travailleurs à ce programme essentiel pour leur sécurité.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au congrès Hopipharm le 21 mai 2025.

Commentaires fermés sur Évaluation de l’utilité d’outils pédagogiques en soutien à un programme de surveillance environnementale des médicaments dangereux

Classé dans Descriptive, Santé et sécurité au travail, Santé et sécurité au travail, URPP

Cyclophosphamide et contamination : Quel scénario de décontamination est le plus performant ?

Des chercheurs ont mené une étude afin d’évaluer l’efficacité de six scenarios ( produits ) de décontamination, dont des solutions liquides à base d’ammonium quaternaire, de peroxyde d’hydrogène, de détergent et d’hypochlorite de sodium, ainsi que des lingettes commerciales, pour éliminer le cyclophosphamide. Ce médicament, utilisé dans les traitements anticancéreux, présente malheureusement des risques de cancérogénicité, de tératogénicité et de mutagénicité.

Pour cela, les chercheurs ont utilisé une méthode de simulation pour contaminer des tissus de 600 cm² avec une quantité précise de cyclophosphamide, puis ont évalué l’efficacité des différents produits après un, deux ou trois nettoyages. Les résultats ont montré que tous les produits de décontamination étaient efficaces pour éliminer le cyclophosphamide, avec des taux d’efficacité supérieurs à 99 % après un nettoyage. Toutefois, les lingettes commerciales ont présenté un taux légèrement inférieur (98,80 %), mais cette différence n’est pas significative.

Ils ont conclu que cinq des six produits testés étaient très efficaces pour nettoyer les surfaces contaminées, bien que la répétition des nettoyages ait un effet limité. Il est recommandé de nettoyer les bras de fauteuils après chaque patient afin de minimiser les risques de contamination, notamment lors de l’administration de médicaments par voie intraveineuse.

Vous pouvez consulter notre article  publié dans le Journal canadien de la pharmacie hospitalière, ainsi que notre affiche présentée au congrès CSHP le 19 avril 2024.

Commentaires fermés sur Cyclophosphamide et contamination : Quel scénario de décontamination est le plus performant ?

Classé dans Descriptive, Santé et sécurité au travail, Santé et sécurité au travail, URPP

Vers une gestion pharmaceutique plus performante : le cas d’un centre hospitalier universitaire

La mise à disposition de données et d’indicateurs auprès des équipes pharmaceutiques présente de nombreux avantages, notamment pour mieux gérer la complexité du travail en milieu hospitalier. Cependant, leur diffusion demeure limitée et ces outils doivent être mieux adaptés aux besoins concrets du personnel.

Cette étude visait à identifier et classer par ordre d’importance les indicateurs les plus utiles à la gestion pharmaceutique dans un établissement de santé. Un sondage en ligne a été mené en août 2021 auprès du département de pharmacie, à partir d’une sélection de 93 indicateurs. Les participants devaient attribuer un niveau de priorité à chacun afin de déterminer ceux à inclure dans un futur tableau de bord.

Sur 90 personnes sollicitées, 57 ont répondu (taux de participation de 63,3 %). Le score de priorité attribué variait entre 1,44 et 4,05, pour une moyenne de 2,69 ± 0,52. Peu de nouveaux indicateurs ont été suggérés. Les répondants ont insisté sur la nécessité de maintenir une communication directe au sein de l’équipe et ont exprimé des inquiétudes concernant la charge cognitive qu’impliquerait l’utilisation quotidienne d’un tableau de bord. En utilisant arbitrairement un seuil de 2,5 ou moins, 37 de ces données et indicateurs ont été priorisés.

Les résultats soulignent l’importance d’impliquer l’ensemble des professionnels du service dans la conception d’outils de suivi. Ces conclusions serviront à développer les tableaux de bord des nouveaux locaux du département de pharmacie, prévus pour 2022.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au congres de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES) presentée le 24 mars 2022

Commentaires fermés sur Vers une gestion pharmaceutique plus performante : le cas d’un centre hospitalier universitaire

Classé dans Descriptive, Devis, Technologies, URPP

Revue exploratoire des compétences de gestion en pharmacie hospitalière

Cette revue de littérature exploratoire vise à identifier les compétences de gestion en pharmacie hospitalière et à les associer aux sept thématiques de gestion enseignées dans le programme québécois de maîtrise en pharmacothérapie avancée.

Une recherche dans Medline, PubMed et Embase a permis de retenir huit articles sur 436, provenant de différentes régions du monde. Au total, 696 compétences pharmaceutiques ont été recensées, dont 72 (10,3 %) liées à la gestion. Celles-ci concernaient principalement la gestion financière et des stocks (21) ainsi que le facteur humain (20). Toutes les compétences, sauf une, ont pu être rattachées aux thématiques de formation.

Cette étude souligne la rareté de la littérature sur les compétences managériales en pharmacie hospitalière, tout en confirmant leur importance pour une pratique efficace et structurée au sein des établissements de santé.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au congres Hopipharm le 21 mai 2025

Commentaires fermés sur Revue exploratoire des compétences de gestion en pharmacie hospitalière

Classé dans Descriptive, Législation pharmaceutique, Pédagogie en santé, Recherche clinique, Revue de littérature, URPP

Le Grand Dictionnaire Canadien de l’Histoire de la Pharmacie

Le Grand Dictionnaire Canadien de l’Histoire de la Pharmacie (GDCHP) a été conçu pour combler un vide dans la documentation historique de la pharmacie au Canada. Il vise à mettre en valeur l’évolution de la pratique pharmaceutique et les contributions des professionnels du domaine à travers le temps.

Le projet, mené par l’équipe de l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique du CHU Sainte-Justine et la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal, repose sur une revue documentaire approfondie et des entrevues avec des experts. Une procédure normalisée a été élaborée pour guider la sélection des termes, la recherche, la rédaction et la publication, favorisant une collaboration structurée et efficace entre les contributeurs.

À ce jour, 15 participants ont contribué au développement du dictionnaire, avec plus de 200 termes étudiés. L’intelligence artificielle (ChatGPT) a été utilisée pour accélérer et uniformiser la rédaction des fiches. Le dictionnaire a été officiellement lancé le 25 novembre 2024 et compte déjà 50 entrées historiques, chacune comprenant une définition, un contexte historique, des références et le nom des auteurs.

Ce projet s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue, avec pour objectif d’enrichir régulièrement le contenu et d’ajouter une interface bilingue. Le GDCHP représente une initiative unique au Canada, contribuant à préserver la mémoire de la pharmacie tout en favorisant la recherche, la collaboration et la diffusion du savoir.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au congres PPC de la CSHP le 6 juin 2025.

Commentaires fermés sur Le Grand Dictionnaire Canadien de l’Histoire de la Pharmacie

Classé dans Descriptive, Devis, Histoire de la pharmacie, Revue de littérature, URPP

Utilisation d’un anti-infectieux au CHU Sainte Justine

L’utilisation des anti-infectieux est un enjeu majeur dans les centres hospitaliers mère-enfant. Cette étude décrit la consommation au CHU Sainte-Justine pour les exercices 2022-2023 et 2023-2024, ainsi que l’évolution des six anti-infectieux les plus utilisés depuis 2005-2006.

Les données du dossier clinique informatisé ont permis de calculer le nombre de jours de thérapie (JT) et le score d’intensité de service (ASI) par 1000 jours-présence (JP) pour chaque unité de soins. Entre 2022-2023 et 2023-2024, le nombre de JT/1000JP a augmenté de 6,6 %, surtout en réadaptation, obstétrique-gynécologie et pouponnière, tandis qu’une légère baisse a été observée en chirurgie. L’ASI/1000JP a progressé de 5,6 % dans les mêmes unités.

Les anti-infectieux les plus prescrits étaient la pipéracilline-tazobactam, le triméthoprime-sulfaméthoxazole, le céfotaxime, la céfazoline, l’amoxicilline et l’amoxicilline-acide clavulanique, deux d’entre eux montrant une augmentation marquée depuis 2005-2006.

Ces résultats soulignent l’efficacité des stratégies d’antibiogouvernance du CHU Sainte-Justine, incluant la collaboration médecin-pharmacien et les comités spécialisés, permettant un usage approprié et maîtrisé des anti-infectieux auprès de la clientèle mère-enfant.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au congres Hopipharm, à Nantes, France le 20-23 mai 2025.

Commentaires fermés sur Utilisation d’un anti-infectieux au CHU Sainte Justine

Classé dans Bon usage des médicaments, Descriptive, Soins pharmaceutiques, URPP

Réinventer la rédaction scientifique à l’ère de l’intelligence artificielle générative

Depuis l’arrivée de ChatGPT en 2022, l’intelligence artificielle générative (IAG) s’est imposée comme un outil aux applications multiples dans le domaine de la santé, notamment dans l’aide au diagnostic, la découverte de médicaments et la rédaction de documents scientifiques. Cependant, son intégration soulève encore plusieurs enjeux d’ordre éthique, juridique et technologique.

Un sondage a été réalisé auprès de 2074 membres de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec afin d’évaluer leurs pratiques et leurs perceptions face à l’utilisation de l’IAG dans la rédaction scientifique. Au total, 336 pharmaciens ont répondu, et parmi eux, la moitié avaient déjà eu recours à un agent conversationnel, principalement ChatGPT, pour diverses tâches. Les répondants ont identifié plusieurs avantages à ces outils — comme la traduction, la correction grammaticale ou la rédaction de résumés — mais ont également exprimé des préoccupations majeures, notamment le risque de bris de confidentialité, la génération d’informations inexactes (« hallucinations ») et la perte du jugement critique des auteurs.

En réponse à ces enjeux, le comité de rédaction de Pharmactuel a mis à jour sa politique éditoriale. Les auteurs doivent désormais déclarer tout recours à un outil d’IAG lors de la soumission d’un manuscrit et assumer la responsabilité complète du contenu produit. Cette mesure de transparence vise à prévenir le plagiat, à garantir la qualité scientifique des textes et à encadrer l’utilisation de ces nouvelles technologies.

En conclusion, l’étude met en évidence un engouement croissant des pharmaciens pour l’intelligence artificielle générative, particulièrement pour ChatGPT, tout en soulignant la nécessité d’un encadrement clair et de formations adaptées. L’IAG apparaît ainsi comme une ressource prometteuse pour améliorer la productivité et la qualité rédactionnelle, à condition d’en maîtriser les limites et d’en faire un usage éthique, réfléchi et critique.

Vous pouvez consulter notre article  publié dans le Pharmactuel, ainsi que notre affiche présentée au congrès au Professional Practice Conference de la Société canadienne de pharmacie dans les réseaux de la santé le 6 juin 2025.

Commentaires fermés sur Réinventer la rédaction scientifique à l’ère de l’intelligence artificielle générative

Classé dans Pédagogie en santé, Satisfaction, Sondage, Technologies, URPP