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Risque d’effets indésirables graves relié à l’administration d’alimentation parentérale à domicile avec un système de perfusion ambulatoire

Certains patients vivants avec des pathologies complexes comme les syndromes d’intestin court et de pseudo-obstruction chronique de l’intestin sont dépendants d’une nutrition parentérale. Au CHU Sainte-Justine, une douzaine d’enfants bénéficient du programme d’alimentation parentérale à domicile. Le mode de perfusion utilisé permet un débit constant, suivi d’une diminution progressive dans les trente dernières minutes afin d’éviter les hypoglycémies rebond et d’un débit minimal afin d’éviter les obstructions de cathéter
jusqu’au débranchement. L’enseignement de l’utilisation de ce système de perfusion se fait en milieu hospitalier
par une infirmière spécialisée. Le fabricant de la pompe à perfusion ambulatoire utilisée indique une précision de perfusion de plus ou moins 6%, mais qu’elle dépend de la température et de la viscosité du liquide utilisé, du type de tubulure utilisée, de la taille du cathéter du patient ainsi que de la hauteur de la pompe par rapport au site d’administration. Le fabricant suggère de mesurer la précision d’une pompe donnée en effectuant une mesure du volume administré suite à un bolus de 20 mL d’eau stérile. Nous rapportons un incident qui s’est produit pendant la période d’enseignement d’un patient où la précision observée a dépassé ce seuil. Nous avons observé une hyperperfusion de l’ordre de 11%. Cette observation a été mise en évidence, car le contenu du sac de perfusion était complètement vide deux heures avant la fin prévue de la perfusion de 18 heures. L’infirmière dédiée à l’enseignement a également constaté une tubulure remplie d’air. Cet incident a soulevé plusieurs craintes au sein de l’équipe médicale, notamment les risques d’hypervolémie et de surnutrition reliés à la perfusion d’un volume plus élevé que ce qui est prescrit, mais aussi les risques d’hypoglycémie rebond par l’absence de la descente dégressive, et de microembolie gazeuse et d’obstruction du cathéter par la présence d’air dans la tubulure

Une étude a été réalisée afin de déterminer et corriger la source d’un problème d’hyperperfusion d’alimentation parentérale afin d’assurer son administration de manière sécuritaire pour une population pédiatrique ambulatoire

Pour cela, une investigation multidisciplinaire a été conduite suite à l’incident, incluant l’équipe des soins infirmiers, du pharmacien en alimentation parentérale, de l’équipe de la gestion des risques et de l’équipe de génie biomédicale. Afin de résoudre le problème, le changement de la pompe ambulatoire a d’abord été tenté. La quantité de liquide contenu dans le sac a été mesurée afin d’éliminer la possibilité d’une erreur dans le processus de fabrication du sac de perfusion. Un facteur de correction de –10% à été intégré au paramètre «volume à perfuser» afin de permettre au retour à domicile du patient. Des tests de perfusion d’alimentation parentérale en mode continu dans un cylindre gradué ont été réalisés en modifiant différents paramètres (numéro de série de la pompe, concentration de la recette et type de tubulure) et ils ont été comparés avec le résultat des tests effectués selon la méthode suggérée par le fabricant.

Les résultats montrent que le fait de changer la tubulure haut débit pour une tubulure à débit standard a permis de corriger un problème d’hyperperfusion d’alimentation parentérale lors de tests en mode perfusion continue dans un cylindre gradué. En raison de difficultés d’approvisionnement, le type de tubulure n’a pas encore été changé chez les patients, et il est donc impossible de confirmer que cette observation corrige la situation au niveau clinique. Finalement, la tubulure utilisée pour administrer l’alimentation parentérale à l’aide d’une pompe ambulatoire peut être la cause d’une hyperperfusion significative ayant un potentiel d’effets indésirables graves, particulièrement pour une population pédiatrique ambulatoire. Cet élément doit être pris en considération, notamment dans les contextes de ruptures de matériel. Dans les cas où la tubulure à débit standard n’est pas disponible, nous suggérons d’inclure un facteur de correction de –10% au «volume à perfuser» .

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au Grand Forum 2022 de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.) le 24 mars 2022.

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Classé dans Soins pharmaceutiques, Soins pharmaceutiques

Coûts associés à la survenue de réactions indésirables aux médicaments : revue de la littérature

Les changements apportés à la Loi sur les aliments et drogues en 2019 obligent la déclaration des réactions indésirables aux médicaments (RIM) graves par les établissements de santé au Canada. Au Québec, le Ministère de la Santé et des Services sociaux a implanté en 2023 le financement à l’activité. L’impact économique des RIM en établissements de santé reste méconnu.

Une revue de la littérature a donc été réalisée afin de décrire les coûts associés à la survenue de RIM.

Pour cela, une recherche a été menée dans la base de données PubMed pour recenser les articles publiés entre le 1er janvier 2017 et le 31 décembre 2021, relatifs à ce sujet. Les données concernant le pays, la perspective économique, la RIM, les médicaments et les coûts ont été collectées.

Les résultats ont montré que les RIM engendrent des coûts additionnels, mais pas forcément dans
tous les cas. Les données économiques associées aux RIM sont hétérogènes et ne peuvent être appliquées directement aux contextes québécois et canadien. Des travaux locaux sont nécessaires afin de quantifier les coûts associés aux RIM en établissements de santé au Canada.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au Grand Forum 2022 de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.) le 25 mars 2022.

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Gestion des antibiotiques et voie d’administration – évolution de la répartition des jours de traitement par voie orale et parentérale dans un hôpital universitaire

La gestion des antimicrobiens assure le suivi de l’utilisation correcte des antimicrobiens. Le passage de la voie intraveineuse à la voie orale est rapidement encouragé : il réduit certains risques inhérents et facilite la sortie du patient.

Une étude descriptive et rétrospective a été menée afin d’évaluer le nombre de jours de traitement par voie parentérale dans un hôpital universitaire entre 2005-2006 et 2021-2022.

Pour cela, les données relatives à la consommation d’antimicrobiens au CHU Sainte-Justine (un centre hospitalier universitaire mère-enfant de 500 lits) ont été collectées sur les années fiscales de 2005-2006 à 2021-2022. L’extraction s’est faite à partir du système d’information sur les pharmacies (CGSI Inc, Québec, Québec, Canada). Les variables suivantes ont été calculées : DOT/1000 jours-patients pour tous les médicaments oraux et parentéraux, proportion du nombre d’AOD parentérales par rapport au nombre total d’AOD et nombre de DOT/1000 jours-patients pour les paires d’antimicrobiens disponibles pour les voies orale et parentérale.

Les résultats ont montré qu’il existe une réduction globale de la part de DOT par voie parentérale en faveur de la voie entérale de 2005-2006 à 2021-2022. Cette réduction peut être liée à la disponibilité accrue de certaines formes orales d’antimicrobiens au fil du temps et aux interventions de notre programme de gestion des antibiotiques qui contribue à la bonne utilisation des antimicrobiens dans notre hôpital. Autrement, elle peut être liée à certaines commandes en souffrance ces dernières années et à des changements de pratiques.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée à la Together Conference of Canadian Society of Hospital Pharmacists le 10 mars 2023, à Banff, AB, Canada.

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Coûts associés à la survenue de réactions indésirables aux médicaments dans un centre hospitalier universitaire mère-enfant : une étude exploratoire

Les dépenses en santé au Québec sont en constante augmentation. Elles sont en partie expliquées par l’utilisation croissante et le prix élevé des médicaments. Depuis 2019, la Loi sur les aliments et drogues oblige les établissements de santé canadiens à déclarer toute réaction indésirable aux médicaments (RIM) grave. Les coûts associés à leur survenue demeurent toutefois méconnus. Le changement de financement du réseau québécois de la santé prévu pour le 1er avril 2023, passant d’une base historique vers le Financement axé sur les patients (FAP), permettra de les quantifier.

Une étude descriptive rétrospective et exploratoire a été menée afin de quantifier les coûts associés à la survenue d’une sélection de RIM prises en charge lors d’un parcours de soins au sein du centre hospitalier universitaire Sainte-Justine (CHUSJ).

Pour cela , les données de RIM du CHUSJ, un centre mère-enfant de 500 lits avec un service de pharmacovigilance au sein du département de pharmacie, ont été extraites entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2021. Les données comprenaient le profil clinique, la RIM et le profil économique. Trois approches ont été explorées : les micro-coûts via la quantification des activités cliniques, la prolongation de la durée d’hospitalisation via la tarification interprovinciale et les données à partir des méthodologies du Coût par parcours de soins et de services (CPSS).

Les résultats ont montré que la survenue d’une sélection de RIM a engendré des coûts au CHUSJ. Ces coûts varient grandement d’une catégorie de RIM à l’autre. Les résultats de l’étude justifient la nécessité d’un ajustement au niveau des tarifs alloués aux différentes activités cliniques par le FAP lors de la survenue de RIM. Le CPSS confirme cette nécessité, et ce, malgré la sous-évaluation soulevée.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée à la 12ème édition du Colloque annuel du Réseau québécois de recherche sur les médicaments, le 26 mai 2022, à Montréal, Québec, Canada.

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Classé dans Coûts, Descriptive, Pharmacoéconomie

Profil de l’utilisation des antimicrobiens dans un hôpital universitaire

Agrément Canada exige l’existence d’un programme de gestion des antimicrobiens pour garantir l’utilisation optimale des médicaments. Les tests de conformité comprennent la nécessité de vérifier périodiquement l’utilisation des médicaments et de partager ces données avec les cliniciens.

Une étude descriptive et rétrospective a été menée afin de décrire le profil d’utilisation des antimicrobiens dans un hôpital universitaire mère-enfant.

Pour cela, des données ont été extraites du 1er avril 2021 au 31 mars 2022 à partir du système d’information pharmaceutique (ICSG Inc, Québec, Québec, Canada). Le nombre de jours de traitement (DOT) a été calculé globalement et par antimicrobien. Les ratios de DOT/1000 jours-patients ont été calculés globalement, par classe thérapeutique et par unité de soins. La répartition des antimicrobiens DOT/1000 jours-patients (PD) selon la classification AWaRe de l’Organisation mondiale de la santé en 2021-2022 (par exemple, Access, Watch et Reserve) a été calculée.

Les résultats ont montré qu’il existe relativement peu de données pédiatriques publiées par les hôpitaux sur l’utilisation des antimicrobiens. La gestion des antimicrobiens repose sur une activité individuelle ciblée par prescription dans le cadre des soins prodigués au patient, ainsi que sur une surveillance globale permettant de commenter l’évolution des pratiques au sein d’un établissement.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée à la Together Conference of Canadian Society of Hospital Pharmacists, le 10 mars 2023, à Banff, AB, Canada.

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Classé dans Bon usage des médicaments, Descriptive, URPP

Appréciation des 16 ans de participation du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine au sein du Canadian Pharmacogenomics Network for Drug Safety

Les réactions indésirables médicamenteuses (RIM) se retrouvent parmi les 10 causes de décès les plus fréquentes au Canada. La pharmacogénomique (PGx) est l’étude de l’impact sur la réponse aux médicaments (Rx). Le Canadian Phamacogenomics Network for Drug Safety (CPNDS) est un réseau pancanadien de surveillance active des RIM mis en place en 2005 par Bruce Carleton et al., chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique. Le CPNDS assure sa mission de prévention de RIM par l’identification de facteurs génétiques de la survenue de RIM et la mise en place de tests PGx.

Une étude descriptive rétrospective a été menée afin de décrire la participation du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine (CHUSJ) au sein du réseau CPNDS.

La participation a été décrite selon les catégories suivantes : généralités, projet CPNDS, projet PMP et sous-projet. Les données ont été extraites des bases de données des projets, des rapports annuels 2006-2022, le site internet du réseau CPNDS et autres documents.

Au final, la PGx est en pleine émergence. En sus de ces projets, le CPNDS a collaboré à un projet local au CHUSJ en neurologie (NeuroPGx) dans le cadre de la maîtrise en pharmacothérapie avancée (M.Sc.) de quatre résidentes en pharmacie. La participation du CHUSJ au réseau CPNDS est bénéfique grâce au recrutement et à l’identification de polymorphismes. Elle permet aussi d’enrichir les activités de pharmacovigilance et de donner accès aux enfants québécois à certains tests PGx.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au Colloque annuel du Réseau québécois
de recherche sur les médicaments (RQRM), le 26 mai 2022, à Montréal, Canada.

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Classé dans Descriptive, Soins pharmaceutiques, Soins pharmaceutiques

Exigences et recommandations de formation en recherche clinique

Plusieurs organisations encadrent la recherche clinique à l’échelle internationale, fédérale et provinciale. Leurs documents décrivent le cadre juridique, normatif et les exigences de mise en place et de conduite des essais cliniques. Les exigences de formation sont primordiales, mais peu détaillées. Par son implication dans plusieurs projets de recherche, le département de pharmacie a une importante charge de travail liée à la formation

Une étude descriptive exploratoire a été menée afin d’identifier les exigences relatives à la formation du personnel de recherche clinique et les catégoriser en cinq domaines.

Pour cela, les exigences et recommandations ont été identifiées : identification des organisations impliquées en recherche clinique, recherche sur Google, Google Scholar et sur les sites web des organisations pour recueillir les documents pertinents. La sélection a été effectuée par un assistant de recherche, puis validée par consensus des membres de l’équipe de recherche. Les documents ont été classés en deux catégories (exigence ou recommandation).

Pour identifier des extraits pertinents à la formation, des mots-clés ont été sélectionnés et recherchés dans les versions électroniques des documents. Des statistiques descriptives ont ensuite été effectuées pour décrire leur fréquence d’apparition. Les extraits de texte contenant ces mots-clés ont été identifiés puis catégorisé selon 5 domaines pour décrire la formation.

Les résultats montrent qu’il existe un nombre relativement limité de documents avec des exigences entourant la formation du personnel de recherche clinique. Les extraits contenant le plus de précisions (provenant des cinq domaines) étaient des recommandations et non des exigences. Les extraits mentionnent fréquemment que le personnel de recherche doit être qualifié par « formation et expérience », ce qui laisse largement place à l’interprétation. Cette interprétation ajoute une complexité à la formation puisque les exigences varient entre les centres et les promoteurs. Il est difficile de corréler les exigences avec les demandes de l’industrie. Cette complexité crée une pression, notamment dans les établissements de santé. Le respect de ces exigences a un impact financier. En pharmacie, les documents les plus utiles relevaient davantage de sociétés savantes (ASHP, CSHP). Considérant que les services de support à la recherche en pharmacie hospitalière sont responsables de nombreux protocoles, ils sont particulièrement confrontés à la variabilité dans l’interprétation des exigences. D’autres travaux sont nécessaires afin de baliser plus clairement les exigences de formation du personnel de recherche clinique au Canada

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au 12ème Colloque du Réseau québécois de recherche sur les médicaments à Montréal, le 26 mai 2022.

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Classé dans Descriptive, Législation pharmaceutique, Pédagogie en santé, Recherche clinique

Démarche de mise en place d’un comité d’évaluation de l’acte pharmaceutique

L’évaluation de l’acte pharmaceutique (EAP) peut être réalisée grâce à plusieurs méthodes. Il existe peu de littérature décrivant une démarche organisée de mise en place d’un processus d’EAP intégrant toutes les activités d’évaluation effectuées dans le département. Malgré deux décennies des activités d’évaluation en pharmacie, il n’y a pas de comité formel intégrant toutes les activités d’EAP au centre hospitalier universitaire Sainte-Justine (CHUSJ).

Une étude descriptive a été menée au CHU Sainte-Justine afin d’implanter et décrire la mise en place d’un comité d’évaluation de l’acte pharmaceutique.

Pour cela, des évaluations ont été effectuées pour déterminer les modalités d’implantation d’un comité d’évaluation de l’acte pharmaceutique : inventaire des activités d’EAP effectuées au CHUSJ, revue documentaire sur les pratiques d’EAP (Pubmed, Embase, Google Scholar), sondage auprès des chefs de départements de pharmacie du Québec (Surveymonkey) incluant 23 questions, exposition à des réunions de comités d’évaluation de l’acte médical, après sollicitation des présidents de comités. Le comité d’évaluation de l’acte pharmaceutique (CEAP) a été mis en place selon les étapes suivantes : détermination de sa composition, établissement d’un mandat, adoption d’un agenda, choix des outils d’évaluation, identification des thèmes et tenir des rencontres.

Les résultats démontrent la faisabilité d’implanter un comité d’évaluation de l’acte pharmaceutique en établissement de santé en continuant de valoriser les activités d’évaluation par critères explicites et en développant l’évaluation par critères implicites.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au Grand Forum 2020 de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.) le 25 mai 2020.

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Programme d’accès aux médicaments émergents dans un centre hospitalier mère-enfant : profil des activités 2020-2022

Le centre hospitalier universitaire Sainte-Justine (CHUSJ) traite une patientèle mère-enfant parfois complexe et réfractaire aux thérapies conventionnelles. Le recours à des médicaments qui ne sont pas inscrits aux listes locales ou québécoises et pour lesquels les données disponibles en soins mère-enfant sont limitées est parfois nécessaire. Depuis 2014, le CHUSJ possède un programme de suivi de l’utilisation pour ce genre de médicaments, dits émergents. Un formulaire de justification d’utilisation doit être complété par l’équipe traitante et approuvé par le chef du département médical et le chef du département de pharmacie.

Une revue descriptive et rétrospective a été réalisée afin de décrire les activités du programme d’accès aux médicaments émergents au CHUSJ entre 2020 et 2022.

Pour cela, les demandes d’utilisation de médicament émergent reçues entre le 1er avril 2020 et le 31 mars 2022 étaient incluses si les médicaments rencontraient au moins un des trois critères : accessibles par le programme d’accès spécial (PAS) et peu utilisés au CHUSJ, utilisés pour des indications non approuvées et peu documentées, ou coûteux (≥ 300$/dose). Les variables étaient collectées à partir de la base de données provenant des formulaires de demande d’utilisation. Des statistiques descriptives ont ensuite été effectuées.

Les résultats ont montré que la majorité des médicaments émergents ont été destinés à des patients d’hémato-oncologie, utilisés hors-indication et coûteux. Ce profil est attendu vue l’émergence des thérapies innovantes et coûteuses dans ce domaine. Le sotrovimab est un nouveau médicament commercialisé pendant la pandémie du COVID-19 et utilisé dans cette indication, expliquant le nombre de demandes élevé. Une augmentation importante du nombre de demandes comptabilisées a été notée en 2020-2022, soit 133 contre 72 pour les années 2018-2020, possiblement expliqué par le fait qu’une ressource stable est dédiée à la gestion de l’accès à ces médicaments. Cette ressource assure un suivi rigoureux et centralisé entourant la gestion et l’utilisation de ces médicaments au CHUSJ. Finalement, ce programme permet entre autre de contribuer au bon usage de ces médicaments en faisant des suivis périodiques au chef du département de pharmacie et au comité de pharmacologie.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au 12ème Colloque annuel du Réseau Québécois de recherche sur les médicaments (RQRM), le 26 mai 2022.

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Pénuries de médicaments en établissement de santé et soins pharmaceutiques : une étude qualitative de cas réels pris en charge par les pharmaciens hospitaliers

Au Canada, on rapporte des centaines de médicaments en pénurie chaque année. Chaque pénurie représente un défi de gestion, sachant que la recherche et le déploiement d’une alternative peut nécessiter de nombreuses actions de la part du pharmacien responsable de la gestion de la pénurie.

Une étude descriptive rétrospective a été menée afin de décrire les modalités de gestion des pénuries de médicaments en établissement de santé et d’identifier les actions mises en place par des pharmaciens de centres hospitaliers de la région de Montréal.

Pour cela, une enquête a ciblé chacun des 12 centres hospitaliers de la région de Montréal affiliés au groupement d’achat Sigmasanté. À partir d’une séance de remue-méninge et d’une revue documentaire, les éléments clés à la gestion des pénuries ont été identifiés. 14 variables ont été identifiées afin de qualifier l’organisation, la gestion des stocks, les sources de données consultées et les pratiques d’approvisionnement. 10 médicaments en pénurie au Canada en 2018-2019 ont été identifiés afin de caractériser les actions correctrices mises en place par les pharmaciens (alcaloide de la vinca inj, bleu méthylène inj., céfazoline inj., cisatracurium inj., corticostéroides inj., dexmédétomidine inj., érythromycine opht., leucovorin inj., potassium chlorure inj., succinylcholine inj.). Pour chaque médicament, les éléments suivants ont été recueillis : dates de début/fin de pénurie, contexte, contacts, source d’information, charge de travail, emprunts, actions correctrices. Les répondants étaient invités à indiquer toutes les actions correctrices mises en place par médicament. Des statistiques descriptives ont ensuite été effectuées.

Les résultats ont montré qu’ au moins 26 actions correctrices sont possibles pour minimiser l’impact d’une pénurie. Les médecins sont exposés à un nombre limité de ces pénuries parce que les pharmaciens effectuent de nombreuses actions correctrices en arrière-plan ; une méconnaissance de cet effort nuit à de véritables actions visant à réduire les pénuries à l’échelle nationale. Finalement, l’étude met en évidence la variété et la complexité des actions requises pour assurer une prestation sécuritaire de soins.

Vous pouvez consulter notre article publié dans le Canadian Journal of Hospital Pharmacy et notre affiche présentée à la Société Française de Pharmacie Clinique, le 26 janvier 2020, à Marseille, France.

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