Gestion des risques médicamenteux en établissement de santé

Suivant les changements législatifs découlant du projet de loi 113 au début des années 2000, il est devenu obligatoire d’encadrer la déclaration des incidents et des accidents. Nous avons fait un retour sur les dix dernières années de gestion des risques au Département de pharmacie du CHU Sainte-Justine.

Le résumé de l’affiche se trouve ci-dessous :

Introduction

Les pharmaciens s’intéressent à la gestion des risques médicamenteux depuis au moins trois décennies dans le réseau de la santé. Cette préoccupation a contribué à la mise en place de programmes de pharmacovigilance, à la prise en charge de l’ensemble du circuit du médicament, à la décentralisation des pharmaciens dans les programmes de soins et à la mise en place de programmes de gestion de risques.  Dans la foulée de ces tendances, le Québec a procédé à des changements législatifs importants au début des années 2000, encadrant la déclaration des incidents et accidents (I/A) dans un registre local, imposant la mise en place de comité de gestion de risques au niveau central et dans les départements cliniques ainsi que des processus de reddition de comptes. Après dix années de recul, il est opportun de faire le point sur la gestion des risques médicamenteux en établissement de santé.

Objectifs

Décrire l’organisation et l’activité de gestion des risques dans un département de pharmacie d’un centre hospitalier universitaire (CHU) québécois.

Méthode

Étude descriptive rétrospective. L’objectif principal était de décrire l’organisation et l’activité de gestion de risques au sein du CHU Sainte-Justine, un CHU mère-enfant de 500 lits. L’étude portait sur les exercices financiers 2010-2011 et  2011-2012. Afin de décrire l’organisation et l’activité de gestion des risques, nous avons consulté les rapports annuels du département, les journaux de bord quotidien des pharmaciens, les rapports du comité de gestion des risques et les archives du département de pharmacie. Aucune analyse statistique n’a été réalisée.

Résultats

De 2010 à 2012, nous avons recensé en moyenne 5316±436  évènements déclarés par année (min = 5008, max = 5625), soit 47% d’incidents et 53% d’accidents. Les I/A relatifs à la médication représentaient en moyenne 1927±0 I/A par année (min = 1927, max = 1927) et les I/A en lien avec le département de pharmacie représentaient en moyenne 115±45 I/A par année soit 77 % d’incidents et 23 % d’accidents. Une majorité des I/A médicamenteux est imputée à l’activité infirmière. Une moyenne de 26±4,2 enquêtes approfondies par année ont été menées sur certaines I/A.

L’activité départementale de gestion de risque comprend la nomination d’un gestionnaire de risque pharmacien qui participe au comité central de gestion de risque, la participation de plusieurs pharmaciens à des comités de gestion de risques dans les programmes de soins, la mise en place d’une section de l’intranet regroupant l’ensemble des communications et documents pertinents. Dans le cadre des activités de l’Unité de recherche en pratique pharmaceutique du département de pharmacie du CHU Sainte-Justine, de nombreux projets de recherche évaluative ont contribué à des évaluations de pratiques, au développement de nouvelles pratiques et technologies et à des actions correctrices. De plus, le thème de la gestion des risques fait partie de toutes les réunions administratives du département.

Discussion/Conclusion

Cette étude décrit la gestion des risques au sein d’un établissement de santé. De l’analyse prospective des rapports d’I/A portés à l’attention du pharmacien gestionnaire de risques à ses débuts, la gestion des risques est désormais multidimensionnelle et comporte des activités de prévention, de formation, d’évaluation ainsi que des actions visant l’optimisation du circuit du médicament.  Le risque est omniprésent dans le circuit du médicament et tous les pharmaciens d’une équipe doivent contribuer à le réduire. Compte tenu de la sous-déclaration des I/A, il est important de mettre en place des mécanismes d’évaluation et de contrôles additionnels.

Vous pouvez consulter notre affiche présentée au Congrès de l’Association française des gestionnaires de risques sanitaires (AFGRIS), le 10 octobre 2013, Paris, France.

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