L’exposition professionnelle aux médicaments antinéoplasiques peut avoir des effets néfastes sur la santé des travailleurs. Il n’existe pas de doses maximales de médicaments antinéoplasiques auxquelles les travailleurs peuvent être exposés en toute sécurité. La surveillance de l’environnement est exigée par de nombreux organismes de santé et de sécurité une ou deux fois par an. Un programme canadien de surveillance annuelle a été mis en place en 2010 pour permettre aux hôpitaux de comparer leurs résultats de contamination avec des concentrations ciblées basées sur des données pragmatiques.
Une étude a été réalisée afin de décrire la contamination par 11 médicaments antinéoplasiques mesurée sur 12 surfaces dans les hôpitaux canadiens et les pratiques associées à la manipulation des médicaments antinéoplasiques.
Pour cela 12 sites standardisés ont été échantillonnés dans chaque hôpital à la fin d’une journée de travail : 6 dans la pharmacie d’oncologie et 6 dans la clinique ambulatoire. La méthode de quantification consistait pour les médicaments non platine la chromatographie liquide à ultra-haute performance et spectrométrie de masse, pour les médicaments à base de platine la spectrométrie de masse à plasma inductif (dosage optionnel). L’analyse des résultats s’est faite à l’aide d’un questionnaire REDCap® en ligne sur les pratiques en matière de manipulation de médicaments dangereux soumis aux hôpitaux. Des statistiques descriptives des pratiques et de la contamination ont été effectuées. Une sous-analyse de la contamination de certaines pratiques a également été réalisée à l’aide d’un test de Kolmogorov-Smirnov pour échantillons indépendants.
Les résultats ont montré que des traces de médicaments antinéoplasiques à faible concentration persistent sur les surfaces dans les hôpitaux. Ce programme de surveillance permet aux centres de comparer leurs résultats et d’identifier les domaines à améliorer. Les centres du Québec participent également à une communauté de pratique qui organise des réunions mensuelles pour partager les meilleures pratiques. Le partage des résultats de la surveillance locale devrait également servir à encourager les travailleurs à être aussi consciencieux que possible lorsqu’ils manipulent des médicaments antinéoplasiques. La formation de l’ensemble du personnel potentiellement exposé doit être une priorité. Les pratiques de manipulation sûres et les équipements de protection individuelle restent importants.

Vous pouvez consulter notre article publié dans la revue Journal of Oncology Pharmacy Practice et notre affiche présentée au Meeting Clinique semestriel de l’American Society of Health-System Pharmacists, le 6 décembre 2022, à Las Vegas, États-Unis.
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