Impact des cabinets automatisés décentralisés sur la diminution des erreurs de médication en soins intensifs – critique

Nous avons réalisé une évaluation critique de l’article de Chapuis et coll (2010). L’objectif principal de cette étude était d’évaluer l’impact de cabinets automatisés décentralisés (CAD) sur l’incidence des erreurs médicamenteuses. L’objectif secondaire était d’évaluer l’impact clinique des erreurs détectées et la satisfaction du personnel soignant quant à  l’utilisation de la nouvelle technologie.

Cette étude contrôlée et à répartition aléatoire, mais sans insu, a évalué l’impact d’un seul CAD dans une petite unité de soins intensifs et les résultats ne peuvent donc qu’être difficilement généralisés. Cet article est intéressant puis qu’il présente une réflexion structurée sur l’évaluation du CAD.

Bien que les auteurs concluent à la capacité du CAD de réduire les erreurs médicamenteuses, nous pensons que la réduction observée est limitée, spécifique à un seul des 12 modes de défaillance identifiés ainsi qu’aux erreurs de type entreposage, et non applicable aux erreurs entraînant des torts aux patients. On peut se demander si la réduction observée est réellement attribuable à la technologie étudiée ou plutôt à d’autres facteurs pouvant influer sur la survenue des erreurs médicamenteuses (p. ex., biais d’observation – à preuve, on note une réduction des erreurs d’entreposage de 34,9 % à 14,4 % entre les phases pré et post dans le groupe témoin, sans recours à la technologie).

Vous pouvez consulter notre article publié dans le Québec Pharmacie. Cet article est publié avec l’autorisation de l’éditeur de Québec Pharmacie.

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