Cette étude s’intéresse à la connaissance et à l’exposition des médecins et pharmaciens aux sollicitations prédatrices provenant de congrès ou de revues scientifiques douteuses. Ces pratiques, reconnues depuis la publication de la liste de Beall (2008), consistent à inviter des chercheurs à publier ou à présenter leurs travaux en échange de frais, sans réelle évaluation scientifique ni transparence.
Un sondage a été mené au CHU Sainte-Justine entre février et mars 2025 auprès de 698 professionnels et résidents. Le taux de réponse a été de 20 % (140 participants), comprenant majoritairement des médecins (81) et des pharmaciens (33). Parmi eux, 93 % avaient déjà présenté à un congrès et 91 % avaient publié au moins un article scientifique.
Les résultats révèlent une faible connaissance des outils de détection des pratiques prédatrices : seulement 14 % connaissaient la liste de Beall et 16 % avaient déjà vérifié la légitimité d’un congrès ou d’une revue avant de soumettre. Pourtant, 59 % savaient reconnaître une sollicitation prédatrice et 67 % avaient reçu ce type de courriels en 2024, souvent à un rythme élevé (jusqu’à plus de six par jour pour 28 % des répondants).
Fait préoccupant, neuf participants ont déjà publié dans une revue prédatrice et deux ont présenté à un congrès non légitime. La quasi-totalité (98 %) estime que de telles expériences peuvent avoir des conséquences sur la crédibilité scientifique, mais seulement 6 % ont reçu une formation sur le sujet, tandis que 70 % aimeraient en bénéficier.
En somme , les sollicitations prédatrices représentent un risque réel pour les professionnels de santé. Bien que la majorité en soit exposée, la formation et la sensibilisation demeurent insuffisantes pour leur permettre d’y faire face efficacement.
Vous pouvez consulter notre affiche présentée au congrès RQRM le 9 juin 2025.

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